L'amortissement traduit comptablement la consommation des avantages économiques attendus d'une immobilisation. Derrière cette définition se cache l'un des sujets les plus structurants — et les plus contrôlés — de la comptabilité française : il pèse sur le résultat, la base fiscale, les capitaux propres et la valeur présentée aux banques et aux investisseurs. Ce guide synthétise le cadre applicable en 2026, ses mécanismes de calcul et ses points de vigilance, puis montre pourquoi un plan d'amortissement n'est jamais plus solide que le fichier des immobilisations qui le porte.
Le cadre : le PCG, règlement ANC n° 2014-03
Le droit comptable français des immobilisations est codifié dans le Plan comptable général, c'est-à-dire le règlement ANC n° 2014-03 du 5 juin 2014, régulièrement modifié — la version consolidée « PCG 1er janvier 2026 » est publiée par l'Autorité des normes comptables. Les articles clés pour les immobilisations :
- art. 211-1 — définition de l'actif : un élément identifiable du patrimoine ayant une valeur économique positive, dont l'entité attend des avantages économiques futurs ;
- art. 213-1 et s. — évaluation à l'entrée : coût d'acquisition (prix d'achat plus frais directement attribuables) ou coût de production, qui fixe la valeur brute servant de point de départ à l'amortissement ;
- art. 214-1 et s. — amortissement : répartition systématique du montant amortissable sur la durée d'utilisation, selon le rythme de consommation des avantages économiques ;
- art. 214-9 — approche par composants : comptabilisation séparée des éléments principaux d'un même actif lorsque leurs durées d'utilisation diffèrent ;
- art. 214-15 et s. — dépréciation : test de perte de valeur en présence d'un indice, par comparaison entre valeur nette comptable et valeur actuelle.
Le principe directeur, posé à l'article 214-1, est qu'un actif amortissable est un actif dont l'utilisation est déterminable dans le temps. Tout ce qui suit — choix de la durée, choix du mode, ventilation par composant — n'est qu'une déclinaison de cette idée : faire correspondre la charge comptable au rythme réel auquel le bien se consomme.
Immobiliser ou passer en charge : le point de départ
Avant d'amortir, encore faut-il avoir immobilisé. Un bien n'est inscrit à l'actif que s'il répond à la définition de l'article 211-1 (élément identifiable, valeur économique positive, avantages futurs attendus) et s'il est destiné à servir durablement l'activité. À l'inverse, les biens de faible valeur sont, par tolérance, comptabilisés directement en charges : l'administration admet de passer en charges le petit matériel et l'outillage, ainsi que les meubles « meublants » de bureau, en dessous d'un seuil unitaire de 500 € hors taxes. Au-dessus, le bien doit être immobilisé puis amorti. Ce seuil est une simplification, non une obligation : une entreprise peut choisir d'immobiliser en deçà si le suivi le justifie. La frontière entre charge et immobilisation conditionne directement le périmètre de l'amortissement — et donc la justesse du fichier des immobilisations.
La valeur d'entrée (valeur brute amortissable) est :
- pour un bien acquis, le coût d'acquisition : prix d'achat net de remises, majoré des frais directement attribuables à la mise en état d'utilisation (transport, installation, mise en service) ; les droits de mutation, honoraires et frais d'acte peuvent, sur option, être incorporés au coût ou passés en charges ;
- pour un bien produit par l'entreprise, le coût de production : coût des matières consommées et charges directes et indirectes de production rattachables.
Les subventions d'investissement reçues pour financer une immobilisation ne réduisent pas la base amortissable : le bien s'amortit sur sa valeur brute, et la subvention est rapportée au résultat au même rythme que l'amortissement, par le compte dédié. Confondre les deux fausse à la fois la charge et le produit.
Amortissement comptable et amortissement fiscal : deux logiques à réconcilier
C'est la dualité typiquement française, et la première source d'erreurs. L'amortissement comptable obéit au PCG : il vise l'image fidèle et répartit le montant amortissable sur la durée réelle d'utilisation. L'amortissement fiscal obéit au Code général des impôts : il fixe un minimum déductible (la règle de l'amortissement minimal de l'article 39 B) et admet, par tolérance doctrinale, des « durées d'usage » professionnelles souvent plus courtes que la durée économique. Quand les deux divergent, l'écart se loge dans l'amortissement dérogatoire — une provision réglementée, ni charge d'exploitation ni perte de valeur, mais un simple décalage fiscal au passif.
| Critère | Amortissement comptable | Amortissement fiscal |
|---|---|---|
| Texte de référence | PCG, art. 214-1 et s. (ANC 2014-03) | CGI, art. 39, 39 A et 39 B |
| Durée retenue | Durée réelle d'utilisation | Durée d'usage (tolérance professionnelle) |
| Objectif | Image fidèle du résultat et du patrimoine | Assiette de l'impôt, minimum déductible |
| Traitement de l'écart | — | Amortissement dérogatoire (compte 145 / 687-787) |
| Simplification PME | Durées d'usage admises en comptabilité pour les immobilisations non décomposables | |
Point de vigilance : des durées standardisées appliquées en masse (« tout le mobilier sur 10 ans ») sans considération de l'utilisation réelle exposent à des plans d'amortissement indéfendables — et à un amortissement dérogatoire mal calibré. La révision périodique des durées — déclenchée par les constats d'inventaire physique — est à la fois une exigence normative et un levier d'image fidèle. Cas d'école : le matériel informatique, aux cycles courts (trois à cinq ans) et au renouvellement permanent — voir notre guide ITAM et CMDB et notre service d'inventaire des actifs informatiques.
Les modes d'amortissement : linéaire, dégressif, unités d'œuvre
Le PCG ne privilégie aucun mode par principe : il impose de retenir celui qui traduit le mieux le rythme de consommation des avantages économiques attendus. Trois familles couvrent la quasi-totalité des situations :
Le mode linéaire
L'annuité est constante : la base amortissable est divisée par la durée d'utilisation. C'est le mode par défaut, adapté à tous les biens dont l'usure ou l'obsolescence est régulière dans le temps (mobilier, agencements, la plupart des constructions). La première et la dernière annuités sont calculées prorata temporis à compter de la date de mise en service.
Le mode dégressif
L'annuité décroît dans le temps : elle se calcule en appliquant un taux constant à la valeur nette comptable de début d'exercice. Fiscalement, l'article 39 A du CGI réserve le dégressif à certains biens d'équipement neufs et fixe le taux en multipliant le taux linéaire par un coefficient (1,25 ; 1,75 ou 2,25 selon la durée normale d'utilisation). Sur le plan comptable, le dégressif n'est légitime que s'il reflète une consommation effectivement plus forte en début de vie ; sinon, la fraction « en trop » relève de l'amortissement dérogatoire et non de la charge d'exploitation.
Le mode par unités d'œuvre (mode variable)
L'annuité est proportionnelle à une unité d'œuvre représentative de la consommation réelle : heures de fonctionnement, nombre de pièces produites, kilomètres parcourus, tonnages traités. C'est le mode le plus fidèle pour les équipements industriels dont l'usure dépend du niveau d'activité plutôt que du simple passage du temps. Il suppose un suivi physique de l'unité d'œuvre — donc une bonne connaissance du parc et de son exploitation, que l'inventaire alimente.
| Mode | Calcul de l'annuité | Cas d'usage typique |
|---|---|---|
| Linéaire | Base amortissable ÷ durée (constante) | Mobilier, agencements, constructions |
| Dégressif | Taux constant × valeur nette comptable | Équipements neufs à forte usure initiale (CGI 39 A) |
| Unités d'œuvre | Base × (unités consommées ÷ unités totales) | Machines industrielles, flottes, gisements |
Base amortissable, valeur résiduelle et durées indicatives
La base amortissable est égale à la valeur brute (coût d'acquisition ou de production) diminuée de la valeur résiduelle lorsque celle-ci est significative et mesurable de façon fiable. La valeur résiduelle est le montant net que l'entité obtiendrait de la cession du bien en fin d'utilisation, dans son état prévu à ce terme. En pratique, elle n'est retenue que pour des actifs à durée courte et à marché de revente actif ; pour l'immense majorité des immobilisations, elle est réputée nulle et la base amortissable se confond avec la valeur brute. Les durées d'usage suivantes, issues de la doctrine fiscale, servent de repères — à confronter à l'usage réel :
| Catégorie d'immobilisation | Durée d'usage indicative |
|---|---|
| Constructions (gros œuvre) | 20 à 50 ans |
| Installations techniques, agencements | 10 à 20 ans |
| Matériel industriel | 5 à 10 ans |
| Mobilier de bureau | 10 ans |
| Matériel de transport | 4 à 5 ans |
| Matériel informatique | 3 à 5 ans |
| Terrains | Non amortissables |
Ces durées sont indicatives : le PCG impose la durée réelle d'utilisation, qui peut s'en écarter à la hausse comme à la baisse. Elles ne dispensent jamais d'une appréciation bien par bien.
L'approche par composants (art. 214-9)
Lorsqu'un actif comporte des éléments significatifs à durées d'utilisation différentes — gros œuvre, couverture, installations techniques d'un bâtiment ; cellule et moteurs d'un équipement industriel — chacun constitue un composant amorti sur sa propre durée. Lors du remplacement, le nouveau composant est immobilisé et la valeur nette comptable de l'ancien est sortie de l'actif. Le PCG distingue deux catégories : les composants de première catégorie (éléments principaux devant faire l'objet de remplacements à intervalles réguliers) et les composants de deuxième catégorie (dépenses de gros entretien ou de grandes révisions programmées). L'équivalent international (IAS 16) et brésilien (CPC 27) repose sur le même principe.
En pratique, la componentisation échoue presque toujours pour une raison simple : le fichier des immobilisations ne décrit pas les biens avec assez de finesse pour isoler les composants. Une ligne « travaux bâtiment 2018 — 1 250 000 € » ne se décompose pas a posteriori sans un relevé physique. C'est l'un des apports majeurs d'un inventaire mené par des spécialistes : reconstituer une assiette par bien, et par composant, exploitable pour les plans d'amortissement. La gestion des immobilisations dans la durée prolonge ce travail : elle maintient la cohérence composant par composant au fil des remplacements.
Exemple chiffré : tableau d'amortissement linéaire avec componentisation
Soit un bâtiment industriel acquis pour 1 200 000 €, mis en service le 1er janvier. L'inventaire et le relevé technique permettent d'isoler trois composants aux durées distinctes. La base amortissable est ici égale à la valeur brute (valeur résiduelle nulle). Les annuités la première année :
| Composant | Valeur brute | Durée | Annuité linéaire |
|---|---|---|---|
| Gros œuvre / structure | 800 000 € | 40 ans | 20 000 € |
| Toiture / couverture | 250 000 € | 25 ans | 10 000 € |
| Installations techniques (CVC) | 150 000 € | 15 ans | 10 000 € |
| Total | 1 200 000 € | — | 40 000 € |
Sans componentisation, l'ensemble aurait pu être amorti sur une durée unique de 40 ans, soit 30 000 € par an — une charge sous-évaluée de 10 000 € la première année, et un risque au remplacement de la toiture (année 25) et des installations (année 15) : la valeur nette comptable de l'ancien composant n'aurait pas été correctement sortie. La componentisation décale donc le résultat et sécurise les sorties futures — à condition que le fichier décrive réellement les trois composants, ce que seul un relevé physique permet de garantir.
Lire un tableau d'amortissement : linéaire contre dégressif
Pour fixer les idées, prenons un matériel industriel de 100 000 € amorti sur 5 ans, valeur résiduelle nulle. En linéaire, l'annuité est constante à 20 000 € (taux de 20 %). En dégressif, on applique un taux constant à la valeur nette comptable : pour une durée de 5 ans, le coefficient fiscal est de 1,75, soit un taux dégressif de 35 % (20 % × 1,75) — avec bascule en linéaire sur la fin de vie dès que celui-ci devient plus avantageux. Les deux plans côte à côte :
| Année | Annuité linéaire | VNC linéaire | Annuité dégressive | VNC dégressive |
|---|---|---|---|---|
| 1 | 20 000 € | 80 000 € | 35 000 € | 65 000 € |
| 2 | 20 000 € | 60 000 € | 22 750 € | 42 250 € |
| 3 | 20 000 € | 40 000 € | 14 788 € | 27 462 € |
| 4 | 20 000 € | 20 000 € | 13 731 € | 13 731 € |
| 5 | 20 000 € | 0 € | 13 731 € | 0 € |
On voit le décalage : le dégressif charge davantage les premières années (35 000 € contre 20 000 € en année 1) puis s'allège, là où le linéaire reste plat. Les deux atteignent zéro la même année : l'écart n'est pas un montant total différent, mais un rythme différent. Si le dégressif est retenu pour des raisons fiscales sans que la consommation économique soit réellement plus forte au début, la différence d'annuité par rapport au plan comptable linéaire constitue l'amortissement dérogatoire — doté les premières années, repris ensuite.
Le cas des immobilisations incorporelles
La logique d'amortissement s'étend aux immobilisations incorporelles, mais avec une nuance majeure : une incorporelle ne s'amortit que si sa durée d'utilisation est déterminable. Brevets, licences, logiciels acquis, certains coûts de développement immobilisés ont une durée d'usage limitée : ils s'amortissent. À l'inverse, un fonds commercial est en principe présumé à durée non déterminable et n'est alors pas amorti — mais il fait l'objet d'un test de dépréciation. Une exception notable existe pour les petites entreprises, autorisées à amortir le fonds commercial sur dix ans. L'évaluation de ces actifs relève d'une expertise propre : voir notre service d'évaluation des actifs incorporels et notre approche globale de l'évaluation des actifs.
La sortie de l'actif : cession et mise au rebut
Un plan d'amortissement se termine rarement à son terme théorique : le bien est cédé, remplacé ou mis au rebut avant. La sortie suppose alors de constater l'amortissement complémentaire jusqu'à la date de sortie, puis de solder la valeur brute et les amortissements cumulés. Depuis le règlement ANC 2022-06, la valeur nette comptable sortie et, le cas échéant, le produit de cession transitent par les comptes 657 et 757, au sein du résultat d'exploitation. Une mise au rebut non comptabilisée laisse au bilan un actif fantôme qui continue de s'amortir et d'alimenter les bases d'assurance et de taxe : c'est l'un des écarts les plus fréquents que révèle un inventaire physique. La bonne tenue des sorties est donc indissociable d'une gestion des immobilisations rigoureuse, elle-même nourrie par l'inventaire physique.
La révision du plan d'amortissement
Un plan d'amortissement n'est pas figé. Le PCG impose de le réviser dès que les conditions d'utilisation changent de manière significative : usage plus intensif, obsolescence accélérée, prolongation de durée de vie après une rénovation lourde, sinistre partiel. La révision est prospective : la valeur nette comptable résiduelle à la date de révision est répartie sur la durée d'utilisation restante nouvellement estimée — on ne retraite pas les annuités passées. Cette révision se distingue de la correction d'erreur (qui, elle, peut être rétrospective). Le déclencheur factuel le plus fiable de ces révisions reste l'inventaire physique périodique : c'est lui qui confronte l'état et l'usage réels des biens aux hypothèses retenues dans le plan.
La dépréciation (art. 214-15 et s.)
À chaque clôture, l'entité apprécie s'il existe un indice de perte de valeur : baisse de la valeur de marché, obsolescence ou dégradation physique, performances inférieures aux prévisions, changements défavorables d'environnement. En présence d'un indice, un test compare la valeur nette comptable à la valeur actuelle — la plus élevée entre la valeur vénale et la valeur d'usage. Si la valeur actuelle est inférieure, une dépréciation est constatée ; elle réduit la base amortissable pour les exercices suivants et reste réversible si la valeur remonte (à la différence d'une moins-value réalisée). La dégradation physique et la sous-utilisation étant deux indices majeurs, l'inventaire terrain est, là encore, le déclencheur factuel du test. Dans le cas des actifs incorporels, cette logique se double de règles propres : voir notre guide sur l'évaluation des actifs incorporels.
Nouveau depuis le 1er janvier 2025 : le règlement ANC n° 2022-06
Le règlement ANC n° 2022-06 du 4 novembre 2022, obligatoire pour les exercices ouverts à compter du 1er janvier 2025, modernise les états financiers : la notion large de résultat exceptionnel disparaît, et les sorties d'immobilisations — cessions comme mises au rebut — se comptabilisent désormais via les comptes 657 « Valeurs comptables des immobilisations cédées » et 757 « Produits des cessions d'éléments d'actif » au sein du résultat d'exploitation. Le règlement normalise aussi les tableaux de l'annexe (immobilisations, amortissements, dépréciations) : les premières clôtures sous ce format — 2025 et 2026 — révèlent brutalement les fichiers d'immobilisations incapables de les alimenter. Anticipez par une fiabilisation.
L'amortissement dérogatoire en pratique
L'amortissement dérogatoire matérialise, au passif du bilan, l'écart entre l'amortissement fiscalement déductible et l'amortissement comptable économiquement justifié. Il se dote en début de vie de l'actif (quand le fiscal excède le comptable) puis se reprend en fin de vie (quand le comptable excède le fiscal). Il ne reflète aucune consommation d'avantage économique : c'est un pur instrument fiscal, comptabilisé en provisions réglementées (compte 145), avec dotation et reprise en résultat exceptionnel ou, selon le cas, dans les comptes dédiés. Trois situations le génèrent le plus souvent :
- le dégressif fiscal appliqué à un bien dont la consommation économique est en réalité linéaire ;
- une durée d'usage fiscale plus courte que la durée réelle d'utilisation comptable ;
- les amortissements exceptionnels ou suramortissements temporaires prévus par certains dispositifs d'incitation du CGI.
Un suivi rigoureux de l'amortissement dérogatoire suppose, là encore, un fichier des immobilisations propre : chaque ligne doit porter sa double base (comptable et fiscale), son mode et sa durée. Les fichiers hérités, regroupés ou incomplets rendent ce suivi ingérable — et exposent à des redressements.
Crédit-bail et locations : un amortissement « hors les murs »
En comptabilité française, un bien pris en crédit-bail n'est pas inscrit à l'actif du preneur tant que l'option d'achat n'est pas levée : il ne figure donc pas dans le fichier des immobilisations et ne s'amortit pas chez l'utilisateur, les loyers étant passés en charges (les engagements figurant en annexe). C'est une divergence majeure avec la norme IFRS 16, qui inscrit la quasi-totalité des contrats de location à l'actif (droit d'utilisation) et les amortit. Conséquence pratique : une part parfois importante du parc réellement exploité sur le terrain n'apparaît pas dans le fichier comptable des immobilisations. Un inventaire physique recense ces biens — indispensable pour l'assurance, la maintenance et le pilotage opérationnel — même lorsqu'ils ne sont pas immobilisés comptablement.
Dispositifs fiscaux d'amortissement accéléré
Le législateur utilise régulièrement l'amortissement comme levier d'incitation. Au fil des lois de finances, divers dispositifs ont permis des amortissements exceptionnels ou des déductions exceptionnelles (suramortissement) sur certaines catégories d'investissements : équipements de transition énergétique, robotique et transformation numérique pour les PME industrielles, véhicules à faibles émissions, par exemple. Ces mécanismes, codifiés au CGI, autorisent à déduire fiscalement plus que la dépréciation économique : l'excédent se traduit, en comptabilité, par de l'amortissement dérogatoire. Leur application correcte suppose d'identifier précisément les biens éligibles dans le fichier des immobilisations — un fichier flou interdit d'en bénéficier sans risque. Ces dispositifs étant temporaires et fréquemment révisés, il convient toujours de vérifier le texte en vigueur l'année de l'investissement.
Erreurs fréquentes sur les amortissements
- Durées appliquées en masse sans considération de l'usage réel (« tout sur 10 ans »), donc indéfendables ;
- Absence de componentisation sur les bâtiments et équipements complexes, faute d'un fichier assez détaillé ;
- Terrain et construction non dissociés, conduisant à amortir indûment la quote-part de terrain ;
- Sorties non comptabilisées (mises au rebut, cessions) qui laissent des actifs fantômes s'amortir ;
- Valeur résiduelle surestimée, qui minore artificiellement la charge d'amortissement ;
- Plans jamais révisés alors que les conditions d'utilisation ont changé ;
- Suivi de l'amortissement dérogatoire perdu, faute d'une double base comptable et fiscale ligne à ligne.
Le dénominateur commun de ces erreurs est presque toujours le même : un fichier des immobilisations qui ne correspond plus à la réalité physique. Les corriger commence donc par un inventaire physique et un rapprochement, prolongés par une gestion des immobilisations structurée.
PCG, IFRS, CPC : tableau de concordance
Pour les groupes qui consolident en IFRS ou disposent de filiales à l'étranger, voici la correspondance entre les référentiels — celle que nos équipes appliquent quotidiennement sur les missions internationales :
| Thème | 🇫🇷 France (PCG) | 🌍 IFRS | 🇧🇷 Brésil (CPC) |
|---|---|---|---|
| Immobilisations corporelles | PCG art. 211-1, 212, 213 (règl. ANC 2014-03) | IAS 16 | CPC 27 |
| Dépréciation (test de perte de valeur) | PCG art. 214-15 et s. | IAS 36 | CPC 01 |
| Immobilisations incorporelles | PCG — immobilisations incorporelles | IAS 38 | CPC 04 |
| Approche par composants | PCG art. 214-9 | IAS 16 | CPC 27 |
| Obligation légale d'inventaire | Code de commerce, art. L123-12 (tous les 12 mois) | — | Lei 6.404/76 art. 183 + Código Civil art. 1.179 |
| Réévaluation | Réévaluation libre — C. com. art. L123-18 | IAS 16 (modèle de la réévaluation) | Interdite (Lei 11.638/07) |
| Contrats de location | Crédit-bail : hors bilan + engagements | IFRS 16 (au bilan) | CPC 06 (R2) |
| Audit de l'inventaire physique | NEP-501 (CNCC) | ISA 501 | NBC TA 501 |
Ce que CPCON apporte concrètement
- Assiette fiable : inventaire physique et rapprochement — on n'amortit correctement que ce qui existe ;
- Componentisation outillée : relevés terrain par composant, valorisation des assiettes et durées documentées ;
- Révision des durées et tests de dépréciation : constats d'état et d'utilisation, évaluations de valeur vénale et de valeur d'usage ;
- Double base comptable / fiscale : un fichier porteur des deux plans, pour piloter l'amortissement dérogatoire sans angle mort ;
- Conformité ANC 2022-06 : un fichier capable d'alimenter les nouveaux tableaux normés de l'annexe, ligne à ligne.
Ce différentiel — l'ancrage terrain de chiffres réputés « purement comptables » — est la marque de CPCON : plus de trente ans d'inventaire et d'évaluation d'actifs, sur plusieurs milliers de missions, au service de plans d'amortissement que l'auditeur et l'administration ne peuvent contester.
Sources officielles : Règlements de l'ANC — PCG consolidé (anc.gouv.fr) · Règlement ANC n° 2022-06 · Code général des impôts, art. 39, 39 A et 39 B (Légifrance). Cet article d'information générale ne constitue pas un avis comptable ou fiscal.