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ISO 27001 et le contrôle A.5.9 : l'inventaire d'actifs que votre auditeur attend

Inventaire des informations et autres actifs associés : ce que la norme exige, ce que l'auditeur vérifie sur le terrain, et comment construire une preuve défendable — jusqu'aux exigences NIS2.

Une certification ISO 27001 se gagne — ou se perd — sur des preuves. Parmi les plus matérielles : l'inventaire des actifs. Le contrôle A.5.9 de l'Annexe A en fait une exigence explicite, et c'est l'un des points que les auditeurs vérifient le plus volontiers, car il se teste en quelques minutes : il suffit de descendre en salle. Ce guide détaille ce que la norme demande, ce que l'auditeur regarde réellement, comment l'inventaire s'articule avec l'analyse de risque et la classification, et comment bâtir un inventaire qui tient — y compris au regard des exigences réglementaires (NIS2, ENS).

Une précision liminaire : CPCON n'est pas un organisme de certification et ne se prévaut d'aucune certification ISO 27001 propre. La certification relève exclusivement de votre certificateur accrédité. Le rôle de CPCON est en amont : fournir la preuve d'inventaire que cet audit exige. Ce guide est rédigé dans cette perspective.

ISO/IEC 27001:2022 : une Annexe A réorganisée

La version 2022 de la norme ISO/IEC 27001 a restructuré l'Annexe A en 93 contrôles répartis en quatre thèmes : organisationnels, personnes, physiques et technologiques. Le contrôle A.5.9 « Inventaire des informations et autres actifs associés » fusionne les anciens contrôles A.8.1.1 (inventaire des actifs) et A.8.1.2 (propriété des actifs) de la version 2013. Son périmètre est volontairement large : les informations elles-mêmes, mais aussi tous les « actifs associés » — matériels, logiciels, services, installations — qui les portent ou les traitent.

Ce qu'exige le contrôle A.5.9

La formulation tient en une phrase : un inventaire des informations et autres actifs associés, y compris leurs propriétaires, doit être élaboré et tenu à jour. Trois exigences en découlent :

  • l'exhaustivité — l'inventaire couvre les actifs pertinents du périmètre du SMSI, pas seulement ceux que les outils voient ;
  • l'exactitude dans le temps — l'inventaire est « tenu à jour », ce qui suppose des procédures d'entrée, de mouvement et de sortie, et des vérifications périodiques ;
  • la propriété — chaque actif a un propriétaire désigné, responsable de sa classification et de sa protection.

Surtout, A.5.9 est un contrôle fondation : l'utilisation correcte des actifs (A.5.10), la restitution au départ d'un collaborateur (A.5.11), la classification (A.5.12) et la sécurité des terminaux utilisateurs (A.8.1) s'appuient tous sur lui — tout comme l'appréciation des risques elle-même : on n'analyse pas les risques d'un parc qu'on ne sait pas dénombrer. Un inventaire défaillant fragilise donc l'ensemble du système de management.

Définir le périmètre : quels actifs entrent à l'inventaire

La première difficulté pratique est le périmètre. « Actifs associés » ne se limite pas au matériel : la norme vise tout ce qui porte ou traite de l'information dans le champ du SMSI. En pratique, il est utile de raisonner par catégories, chacune avec sa source de vérité et son mode de recensement.

Deux erreurs de cadrage reviennent. La première est le périmètre trop étroit, qui réduit l'inventaire au matériel branché et oublie supports amovibles, services cloud, installations et données : l'auditeur le détecte dès qu'il croise une donnée sensible sans support inventorié. La seconde est le périmètre mal délimité par rapport au champ du SMSI : inventorier des actifs hors périmètre dilue l'effort, en oublier dans le périmètre crée des angles morts. Le bon cadrage suit la déclaration d'applicabilité : on inventorie ce que le SMSI couvre, ni plus, ni moins, mais exhaustivement.

Catégorie d'actifExemplesComment le recenser
InformationsBases de données, dossiers, archives, contratsCartographie des traitements et des dépôts
Actifs matérielsPostes, serveurs, réseau, supports amoviblesConstat physique sur le terrain et étiquetage
Actifs logicielsSystèmes, applications, bases, licencesSources SAM/ITAM rattachées au matériel
Services et cloudSaaS, IaaS, certificats, noms de domaineConsoles, contrats et factures de souscription
InstallationsLocaux techniques, salles serveurs, énergieInventaire des sites et des dépendances

Pour les actifs matériels, la difficulté n'est pas conceptuelle mais opérationnelle : la découverte réseau ne voit que le connecté. Seul un inventaire physique des actifs informatiques capte les stocks, le matériel débranché, les supports amovibles et les périphériques — c'est précisément là que se logent les actifs non recensés qui font échouer un échantillonnage.

Classification et propriété : les deux exigences qui se tiennent

A.5.9 ne demande pas seulement de lister : il demande d'attribuer. Deux notions s'articulent. La propriété (ownership) désigne, pour chaque actif, une personne ou une fonction responsable de son cycle de vie : sa classification, sa protection, la mise à jour de l'inventaire, sa sortie. La classification (contrôle A.5.12) qualifie la sensibilité de l'information portée par l'actif — publique, interne, confidentielle, restreinte — et détermine le niveau de protection attendu.

Ces deux exigences ne tiennent que si l'inventaire est assez précis pour les porter. Un propriétaire générique (« la DSI ») pour dix mille lignes est un signal faible classique : la responsabilité doit être attribuable à une personne ou une fonction réelle. De même, une classification ne se défend que si l'on sait quel actif porte quelle information — ce qui suppose de relier le constat matériel à la cartographie des traitements. L'inventaire est le pivot qui rend ces deux contrôles opérables. Dans la pratique, la propriété se documente directement dans l'inventaire (une colonne « propriétaire » renseignée et tenue à jour), et la classification s'hérite de l'information portée : un serveur qui héberge une base classée « confidentiel » hérite des exigences de protection correspondantes. Sans inventaire reliant l'actif à l'information, ces deux attributs flottent sans ancrage — et l'auditeur le constate immédiatement.

A.5.9, pierre angulaire d'une chaîne de contrôles

L'inventaire n'est pas un contrôle isolé : il conditionne l'application d'une série d'autres exigences de l'Annexe A, qui toutes présupposent de savoir quels actifs existent et qui en répond. Mesurer cette dépendance aide à comprendre pourquoi un inventaire défaillant fragilise l'ensemble du système de management.

ContrôleObjetDépendance à l'inventaire
A.5.10Utilisation correcte des actifsSuppose des actifs identifiés et attribués
A.5.11Restitution des actifs au départExige de savoir quels biens détient l'agent
A.5.12Classification de l'informationS'applique aux actifs portant l'information
A.7.10 / A.7.14Supports de stockage, mise au rebut sécuriséeSuppose de tracer les supports et leur sortie
A.8.1 / A.8.8Terminaux, vulnérabilités techniquesOn ne corrige que ce que l'on dénombre

Cette dépendance en cascade explique la sévérité avec laquelle A.5.9 est traité : un défaut d'inventaire ne reste pas confiné à une ligne du rapport d'audit, il se propage à tous les contrôles qui s'appuient sur lui. Inversement, un inventaire solide fait gagner du terrain sur l'ensemble de l'Annexe A.

Les actifs informationnels : au-delà du matériel

Le titre même du contrôle — « inventaire des informations et autres actifs associés » — rappelle que l'information est l'actif primaire ; le matériel n'en est que le support. Un inventaire A.5.9 complet recense donc aussi les actifs informationnels : bases de données, dépôts documentaires, archives, jeux de données sensibles, ainsi que les durées de conservation qui s'y attachent. Le lien avec le matériel est direct : une donnée n'existe nulle part « en général », elle réside sur un serveur, un poste, un support amovible, un espace cloud — tous des actifs à inventorier et à rattacher à un propriétaire.

C'est cette continuité entre l'information et son support qui fait de l'inventaire un outil de conformité bien au-delà de la seule ISO 27001. Le même rattachement « information ↔ support » nourrit le registre des traitements imposé par le RGPD : savoir où réside une donnée personnelle, c'est savoir sur quel actif la protéger, la chiffrer ou l'effacer. La cohérence d'ensemble — sécurité de l'information, protection des données personnelles, fidélité comptable du parc — repose sur un seul socle : un inventaire qui relie chaque information à un support identifié, localisé et attribué.

Le lien avec l'analyse de risque

C'est sans doute l'articulation la plus structurante. L'appréciation des risques (clauses 6.1 et 8.2 de la norme) consiste à identifier les menaces et vulnérabilités pesant sur les actifs, puis à en estimer l'impact. Or on ne peut apprécier le risque que sur un périmètre connu : un actif absent de l'inventaire est un risque qui n'a jamais été examiné. La gestion des vulnérabilités techniques (A.8.8) en dépend directement : on ne corrige et on ne supervise que ce que l'on sait dénombrer. Un inventaire incomplet produit donc, mécaniquement, une analyse de risque incomplète — et c'est l'un des enchaînements que les auditeurs savent remonter en partant d'un simple écart de terrain.

Cet enchaînement éclaire un malentendu courant : on présente parfois l'inventaire comme une formalité administrative, alors qu'il est le point de départ de la démarche de sécurité. La logique de l'ISO 27001 est ascendante : on identifie d'abord les actifs, on en déduit les risques, puis on choisit les mesures de traitement et les contrôles de l'Annexe A. Inverser cet ordre — déployer des mesures sans avoir recensé ce qu'elles protègent — revient à sécuriser un périmètre qu'on ne connaît pas. C'est précisément pour cela qu'un inventaire exhaustif et constaté n'est pas négociable : il fixe le périmètre sur lequel tout le reste se construit.

Ce que l'auditeur vérifie réellement

Les audits de certification (initiaux comme de surveillance) suivent presque toujours le même rituel :

  • l'échantillonnage bidirectionnel : l'auditeur tire quelques actifs de l'inventaire et demande à les voir ; puis il désigne des équipements dans un bureau ou une baie et vérifie qu'ils figurent à l'inventaire ;
  • la fraîcheur : date de la dernière vérification physique, traçabilité des mises à jour, cohérence avec les mouvements récents (déménagements, renouvellements) ;
  • les propriétaires : des personnes ou fonctions réelles, pas un service générique pour dix mille lignes ;
  • la classification : cohérence entre la sensibilité déclarée et les mesures de protection effectivement appliquées ;
  • le cycle de vie : où est passé le portable de tel collaborateur parti ? La mise au rebut de ce serveur est-elle documentée (effacement des supports compris) ? ;
  • la cohérence entre référentiels : inventaire du SMSI, CMDB, fichier comptable — des écarts massifs entre les trois trahissent l'absence de processus.

Un écart isolé se discute ; des écarts systémiques débouchent sur une non-conformité — et la pire réponse possible reste le tableur daté de trois ans que personne ne sait expliquer. À l'inverse, un inventaire constaté sur le terrain, étiqueté, daté et réconcilié avec les outils se défend en quelques minutes. La nuance importe : une non-conformité mineure sur un écart ponctuel se solde par un plan d'action ; une non-conformité majeure sur un défaut systémique de tenue de l'inventaire peut suspendre la décision de certification jusqu'à correction.

La preuve physique : ce qui se voit et se vérifie

Tout l'enjeu d'A.5.9, au moment de l'audit, se résume à une question : votre inventaire est-il vérifiable ? Un fichier qui ne peut pas être confronté au réel n'est pas une preuve, c'est une déclaration. La preuve physique repose sur trois éléments concrets : un identifiant durable posé sur le bien (étiquette code-barres ou RFID, numéro de série) qui sert de clé de rapprochement ; un horodatage du constat, qui démontre la fraîcheur ; et une traçabilité des écarts, qui montre que les divergences ont été non seulement détectées mais qualifiées et soldées. Réunis, ces éléments transforment l'échantillonnage de l'auditeur d'une épreuve en une simple vérification.

La différence entre une preuve et une déclaration se mesure très concrètement le jour de l'audit. Face à un inventaire non vérifiable, l'auditeur multiplie les questions, creuse les incohérences, élargit son échantillon — et chaque écart non expliqué pèse. Face à un inventaire étiqueté et daté, le même auditeur tire un actif, lit l'étiquette, retrouve la ligne, constate la cohérence : l'exercice se clôt en quelques minutes. Cette économie de friction n'est pas un détail : elle conditionne la sérénité de tout l'audit et la confiance que l'auditeur accorde au reste du système de management. Un volet A.5.9 qui « passe » proprement crée un climat favorable ; un volet A.5.9 fragile invite à la suspicion sur l'ensemble.

NIS2, ANSSI et ENS : l'inventaire devient réglementaire

La directive (UE) 2022/2555, dite NIS2, est entrée en vigueur et sa transposition française est pilotée par l'ANSSI. À la différence d'ISO 27001, démarche volontaire, NIS2 est une obligation légale assortie de sanctions pour des milliers d'entités essentielles et importantes. Son article 21 impose des mesures de gestion des risques qui citent expressément « la gestion des actifs » (art. 21.2.i) — et le guide d'hygiène informatique de l'ANSSI place de longue date la connaissance et la cartographie du système d'information parmi les toutes premières mesures. D'autres référentiels procèdent de la même logique : le schéma espagnol ENS (Esquema Nacional de Seguridad), comme la plupart des cadres sectoriels, fait de l'inventaire des actifs une exigence de base. Quel que soit votre référentiel, la brique de départ est la même : un inventaire d'actifs exhaustif et démontrable.

Inventaire ISO 27001 et inventaire comptable : un seul terrain, deux finalités

Beaucoup d'organisations mènent en parallèle deux exercices qui pourraient n'en faire qu'un. L'inventaire A.5.9 vise la sécurité de l'information ; l'inventaire physique des immobilisations vise la fidélité du bilan (article L123-12 du Code de commerce). Les finalités diffèrent, mais pour le matériel, le constat de terrain est le même. Une campagne bien conçue — identifiants communs, étiquetage, numéros de série partagés — alimente les deux référentiels d'un seul passage. Les organisations soumises à des exigences sectorielles fortes, comme le secteur financier, trouveront dans notre page services financiers le détail de cette double lecture.

CritèreInventaire A.5.9 (ISO 27001)Inventaire comptable
FinalitéSécurité de l'informationFidélité du bilan
PérimètreMatériel, logiciel, services, donnéesImmobilisations corporelles
Exigence d'ownershipPropriétaire sécurité par actifAffectation analytique / responsable
Constat matérielIdentique — un seul passage terrainIdentique — un seul passage terrain

Construire un inventaire défendable : cinq piliers

  • Un constat terrain exhaustif : la découverte réseau ne voit que ce qui est connecté ; seul un inventaire physique des actifs informatiques capte les stocks, le matériel débranché et les périphériques ;
  • Un identifiant physique durable : l'étiquette code-barres ou RFID sert de clé de rapprochement entre le terrain, l'inventaire et la CMDB ;
  • Un propriétaire nommé par actif, avec une granularité qui rend la responsabilité attribuable ;
  • Une réconciliation périodique physique × logique × comptable, avec des écarts qualifiés et soldés — la méthode est détaillée dans notre guide ITAM et CMDB ;
  • Des procédures de cycle de vie : entrées, mouvements, restitutions, mises au rebut documentées — y compris l'effacement des supports.

L'inventaire à chaque étape du cycle de certification

La certification ISO 27001 n'est pas un événement unique mais un cycle, généralement triennal, ponctué d'audits dont chacun examine l'inventaire sous un angle un peu différent. Comprendre cette temporalité évite l'erreur classique du « coup d'éclat » au premier audit suivi d'un relâchement.

ÉtapeCe qui est examiné côté A.5.9
Audit initial — étape 1Existence d'une procédure d'inventaire, périmètre, documentation
Audit initial — étape 2Échantillonnage bidirectionnel sur le terrain, propriétaires, fraîcheur
Surveillance (annuelle)Maintien dans le temps : mises à jour, traitement des écarts, dérive
Recertification (3 ans)Revue d'ensemble du dispositif et de sa robustesse sur la durée

La leçon est claire : ce que les audits de surveillance et de recertification vérifient, ce n'est pas tant l'inventaire à un instant que la preuve qu'un processus le maintient vrai. Un inventaire physique initial bien mené pose la base ; les procédures et les inventaires tournants la défendent année après année. C'est cette continuité qui distingue une organisation qui « passe » une fois d'une organisation qui reste certifiée sans stress.

Préparer l'audit : une checklist opérationnelle

En vue d'un audit initial ou de surveillance, quelques vérifications concentrent l'essentiel du risque sur le volet A.5.9 :

  • la date du dernier constat physique est récente et documentée ;
  • un échantillon tiré de l'inventaire se retrouve sur le terrain, et inversement ;
  • chaque ligne porte un propriétaire identifiable et une classification cohérente ;
  • les mouvements récents (arrivées, départs, déménagements) sont reflétés ;
  • les sorties (rebut, cession) sont tracées, effacement des supports compris ;
  • les écarts entre inventaire, CMDB et fichier comptable sont expliqués, pas subis.

Outil ou résultat : ce que la norme n'exige pas

Une confusion fréquente conduit des organisations à croire qu'acheter un outil ITAM ou déployer une CMDB suffit à satisfaire A.5.9. Ce n'est pas ce que dit la norme. A.5.9 exige un résultat — un inventaire exact, à jour, doté de propriétaires — pas un logiciel particulier. Un outil est un moyen utile ; il n'est jamais une preuve en soi. L'auditeur ne note pas la marque de votre solution : il évalue la fiabilité de son contenu. Et la fiabilité d'un référentiel ne se décrète pas, elle se constate : un outil nourri uniquement par de la découverte réseau et des imports d'achats hérite de tous leurs angles morts — stock invisible, sorties jamais soldées, doublons. Sans confrontation périodique au terrain, le plus coûteux des outils héberge un inventaire indéfendable.

C'est la raison pour laquelle la question pertinente n'est pas « quel outil ? » mais « quelle preuve ? ». Un tableur tenu rigoureusement, adossé à un constat physique récent et à des procédures claires, sera mieux noté qu'une CMDB sophistiquée jamais réconciliée. L'outil organise la donnée ; le terrain la rend vraie ; la procédure la maintient. C'est cette chaîne, et non la technologie, que l'auditeur vérifie.

Les non-conformités les plus fréquentes sur A.5.9

À force d'auditer le même contrôle, certains constats reviennent. Les anticiper, c'est l'essentiel du travail de préparation. Voici les écueils les plus courants — et ce qui les corrige.

Constat d'auditCause profondeCorrection durable
Actif en salle absent de l'inventaireMise en service sans saisie ni étiquetteConstat physique + procédure d'entrée
Ligne d'inventaire introuvable au solSortie jamais soldée (rebut, vol, départ)Réconciliation + procédure de sortie tracée
Propriétaire générique « DSI »Granularité insuffisante de l'inventaireAttribution nominative par actif ou fonction
Inventaire daté de plusieurs annéesAucune vérification physique périodiqueInventaires tournants accélérés par le RFID
Classification incohérenteActif non relié à l'information portéeLien inventaire ↔ cartographie des traitements
Écarts massifs entre référentielsPas de clé de rapprochement communeIdentifiant durable partagé (étiquette, n° série)

Le fil rouge de ce tableau est simple : presque toutes les non-conformités d'A.5.9 naissent d'un défaut de constat ou de maintien, jamais d'un défaut d'outil. C'est pourquoi un inventaire physique initial, suivi de procédures et de vérifications périodiques, traite la racine du problème plutôt que ses symptômes.

Au-delà de l'audit : pourquoi l'inventaire se rentabilise

Construire un inventaire pour « passer » l'audit serait le réduire à une corvée. En réalité, le référentiel que A.5.9 vous oblige à constituer sert bien au-delà de la conformité, et c'est ce qui en fait un investissement plutôt qu'une dépense. Sur le plan de la sécurité opérationnelle, un parc entièrement recensé, c'est une surface d'attaque connue : chaque actif peut être patché, supervisé et sauvegardé, là où un équipement fantôme reste une porte ouverte ignorée. Sur le plan de la réponse à incident, savoir instantanément quel actif porte quelle donnée et qui en répond fait gagner un temps décisif lorsque chaque minute compte.

Sur le plan financier, le même constat de terrain qui sert la sécurité fiabilise le fichier des immobilisations et met fin aux dépenses sur des actifs disparus — maintenance, licences, assurances. Sur le plan de la gouvernance, enfin, l'attribution d'un propriétaire à chaque actif clarifie les responsabilités bien au-delà du périmètre sécurité : qui décide du renouvellement, qui valide une sortie, qui répond d'un écart. L'inventaire exigé par la norme devient ainsi l'infrastructure de décision de toute la direction des systèmes d'information.

Maintenir l'inventaire entre deux audits

« Tenu à jour » est l'exigence la plus exigeante d'A.5.9, car elle porte sur la durée, pas sur un instant. Un inventaire parfait le jour de l'audit, mais reconstruit la veille dans la précipitation, ne démontre aucun processus : l'auditeur de surveillance, l'année suivante, retrouvera la dérive. La maîtrise dans le temps repose sur deux dispositifs complémentaires. D'une part, une mise à jour au fil de l'eau : chaque entrée, mouvement ou sortie passe par une procédure qui met à jour le référentiel — c'est ce qui empêche la dérive de s'installer. D'autre part, une vérification physique périodique, qui corrige les écarts résiduels et atteste la fraîcheur. L'étiquetage RFID change l'économie de cette vérification : une salle se relit en la traversant, ce qui rend les inventaires tournants assez légers pour être réellement tenus — sur les zones sensibles, à une fréquence supérieure à l'annuelle.

Le bon indicateur de pilotage n'est pas « avons-nous un inventaire ? » mais « à quelle date a-t-il été confronté au réel, et quel pourcentage de présence avons-nous constaté ? ». Un taux de présence suivi dans le temps, des biens « non vus depuis N jours » identifiés et traités : voilà la matière qui transforme un audit A.5.9 d'une épreuve en une formalité.

Ce que CPCON apporte concrètement

CPCON n'est pas un organisme de certification, et ce n'est pas son rôle : la certification relève de votre certificateur accrédité, qui audite votre système de management. Notre métier, depuis plus de 30 ans et plus de 4 500 projets, est de livrer la preuve d'inventaire que vos auditeurs exigent : recensement physique du parc, étiquetage, réconciliation avec vos outils de découverte, votre CMDB et votre fichier des immobilisations, rapport d'écarts opposable et procédures pour maintenir la fiabilité dans le temps. La distinction est essentielle et nous y tenons : la découverte voit le logique ; CPCON prouve le physique et rapproche les trois représentations. Vous arrivez à l'audit avec un référentiel constaté, daté et défendable — votre certificateur, lui, décide de la certification.

Sources officielles : ISO/IEC 27001 (iso.org) · La directive NIS2 (ANSSI — cyber.gouv.fr) · Directive (UE) 2022/2555 (EUR-Lex). Cet article d'information générale ne constitue pas un avis juridique ou de certification.

Questions fréquentes

Le contrôle A.5.9 impose-t-il un outil particulier ?

Non. La norme exige un résultat — un inventaire exact, tenu à jour, avec des propriétaires désignés — pas un logiciel. Un outil ITAM ou une CMDB aide, mais l'auditeur jugera la fiabilité du contenu, pas la marque de l'outil. Un référentiel jamais confronté au terrain reste indéfendable, quel que soit le logiciel qui l'héberge.

À quelle fréquence faut-il mettre à jour l'inventaire des actifs ?

La norme demande un inventaire « tenu à jour », sans fixer de fréquence : c'est à l'organisation de la justifier par le risque. En pratique, le dispositif robuste combine une mise à jour au fil de l'eau (entrées, mouvements, sorties tracés par procédure) et une vérification physique périodique — annuelle le plus souvent, fortement accélérée par l'étiquetage RFID.

Qui doit être « propriétaire » d'un actif au sens de la norme ?

Une personne ou une fonction identifiée, responsable du cycle de vie de l'actif : classification, protection, mise à jour de l'inventaire, sortie. Un propriétaire générique (« la DSI ») pour des milliers d'actifs est un signal faible classique en audit : la responsabilité doit être attribuable, donc l'inventaire suffisamment précis pour porter cette attribution.

Quels champs un inventaire conforme à A.5.9 doit-il contenir ?

La norme ne fige pas de modèle, mais un inventaire défendable identifie au minimum chaque actif (type, description, identifiant durable comme un numéro de série ou une étiquette), sa localisation, son propriétaire désigné, sa classification au regard de la sensibilité de l'information qu'il porte, et son statut dans le cycle de vie. Pour le matériel, l'identifiant physique posé sur le bien est ce qui rend l'inventaire vérifiable lors de l'échantillonnage de l'auditeur.

Quelle différence entre l'inventaire ISO 27001 et l'inventaire comptable des immobilisations ?

Le périmètre et la finalité diffèrent : l'inventaire A.5.9 couvre les actifs pertinents pour la sécurité de l'information (y compris logiciels, services, données), l'inventaire comptable couvre les immobilisations au sens du PCG. Mais pour le matériel, les deux reposent sur le même constat physique. Une seule campagne terrain bien conçue — identifiants communs, étiquettes, numéros de série — alimente les deux référentiels et évite deux exercices redondants.

Comment l’inventaire des actifs nourrit-il l’appréciation des risques ?

L'appréciation des risques (clauses 6 et 8 de la norme, contrôle A.8.8 sur les vulnérabilités techniques) part des actifs : on ne peut estimer une menace, une vulnérabilité ou un impact que sur un périmètre connu. Un inventaire incomplet produit mécaniquement une analyse de risque incomplète — des actifs non recensés sont des risques non appréciés. C'est pourquoi A.5.9 est un contrôle fondation : il conditionne la qualité de tout le système de management.

NIS2 impose-t-elle la certification ISO 27001 ?

Non. NIS2 est une obligation légale assortie de sanctions, indépendante de toute certification volontaire. Mais les mesures de gestion des risques de son article 21 — dont la gestion des actifs (21.2.i) — convergent largement avec l'Annexe A de l'ISO 27001 : un inventaire d'actifs fiable et démontrable sert directement les deux exercices.

L'inventaire A.5.9 concerne-t-il aussi les actifs hébergés chez un prestataire cloud ?

Oui. Le périmètre du SMSI inclut les actifs sous votre responsabilité où qu'ils se trouvent : machines virtuelles, services SaaS, données hébergées. L'inventaire doit les recenser et leur attribuer un propriétaire, même s'ils ne se touchent pas. Le partage de responsabilité avec le fournisseur (contrôle A.5.23 sur les services cloud) ne dispense pas de les inventorier : il précise qui protège quoi.

CPCON délivre-t-elle la certification ISO 27001 ?

Non, et ce n'est pas notre rôle. La certification ISO/IEC 27001 est délivrée exclusivement par un organisme certificateur accrédité, à l'issue de son propre audit du système de management de votre organisation. CPCON intervient en amont : nous produisons la preuve d'inventaire que cet audit exige — recensement physique du parc, étiquetage, réconciliation avec vos référentiels et rapport d'écarts opposable. C'est votre certificateur, pas CPCON, qui certifie.

La preuve d'inventaire, avant l'audit

Périmètre du SMSI, sites, volumes d'actifs : décrivez votre contexte et recevez un protocole d'inventaire et de réconciliation conçu pour l'exercice d'audit.

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