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Valorisation d'entreprise

Une valeur défendable, documentée jusqu'aux actifs : évaluations de sociétés et de fonds de commerce pour la cession, la transmission, la levée de fonds et le reporting.

Valoriser une entreprise, c'est traduire en chiffres une réalité économique : sa capacité à générer des flux, la qualité de son patrimoine et les risques qui pèsent sur l'un comme sur l'autre. Qu'il s'agisse de vendre, de transmettre, d'ouvrir le capital ou de trancher un différend, la valeur retenue doit résister à la contradiction — celle de l'acheteur, de l'administration fiscale ou du juge.

CPCON réalise des missions de valorisation pour des PME, des ETI et des groupes internationaux, en France et à l'étranger. Notre spécificité : la maîtrise simultanée des méthodes financières et de l'évaluation des actifs corporels qui sous-tendent l'approche patrimoniale. Cette page détaille les trois familles de méthodes, le rôle déterminant de l'évaluation des actifs dans l'actif net réévalué, la valorisation du fonds de commerce et la due diligence d'actifs — avec un exemple chiffré.

Dans quels contextes intervenons-nous ?

  • Cession ou acquisition de société (M&A)
  • Transmission familiale et pactes Dutreil
  • Entrée d'investisseurs et levées de fonds
  • Évaluation de fonds de commerce (cession de bail, franchise)
  • Restructurations, apports partiels d’actifs et fusions intragroupe
  • Litiges entre associés, divorces et successions
  • Reporting financier : tests de dépréciation, allocation du prix d’acquisition (PPA)

Trois familles de méthodes, croisées systématiquement

Approche par les flux (DCF)

Actualisation des flux de trésorerie prévisionnels : la méthode de référence pour les sociétés à plan d'affaires structuré. Nous challengeons les hypothèses (croissance, marge, BFR, capex) plutôt que de les recopier — c'est là que se joue la crédibilité de la valeur.

Multiples comparables

Multiples de transactions et de sociétés cotées comparables (EBITDA, EBIT, chiffre d'affaires), ajustés de la taille, de la croissance et de la liquidité. Utilisée en recoupement systématique de l'approche par les flux.

Approche patrimoniale (actif net réévalué)

Réévaluation de chaque poste du bilan à sa valeur réelle : immobilier, équipements, stocks, incorporels. C'est ici que CPCON se distingue — nos équipes d'inventaire et d'évaluation d'actifs documentent physiquement ce que d'autres estiment sur dossier.

L'approche patrimoniale et l'actif net réévalué (ANR)

L'approche patrimoniale considère l'entreprise comme la somme de ce qu'elle possède, nette de ce qu'elle doit. Son aboutissement est l'actif net réévalué (ANR) : on part des capitaux propres comptables, puis on réévalue chaque poste du bilan à sa valeur réelle et on réintègre les éléments hors bilan et la fiscalité latente. La logique est simple à énoncer :

ANR = Capitaux propres comptables ± plus ou moins-values latentes sur les actifs et passifs − fiscalité latente sur les plus-values

La méthode est particulièrement pertinente pour les sociétés à fort contenu patrimonial — industrie, immobilier d'exploitation, foncières, holdings — où la valeur tient autant au bilan qu'à la rentabilité. Elle sert aussi de plancher de valeur : une entreprise ne vaut, en principe, pas moins que la valeur nette de ses actifs liquidables.

Pourquoi l'évaluation des actifs est le cœur de l'ANR

La fiabilité de l'ANR dépend entièrement de la qualité avec laquelle les actifs sont réévalués. Or c'est exactement le point faible des valorisations réalisées « sur dossier » : elles reprennent des valeurs comptables sans vérifier que les biens existent, ni les réestimer au marché. Trois écueils reviennent :

  • les actifs fantômes — lignes du fichier d'immobilisations sans bien réel en face — qui gonflent artificiellement l'actif ;
  • les plus-values latentes ignorées sur des équipements ou de l'immobilier amortis comptablement mais bien en deçà de leur valeur de marché ;
  • les stocks mal valorisés — obsolescence non provisionnée, quantités erronées, démarque.

C'est précisément ce que CPCON apporte. Nos équipes mènent l'inventaire physique des immobilisations et l'évaluation des actifs corporels qui fondent un ANR opposable ; pour les marques, brevets et clientèle, notre service d'évaluation des actifs incorporels complète le tableau. La valeur que nous opinons est documentée jusqu'au terrain, et non estimée à distance.

L'approche par la rentabilité : le DCF

L'actualisation des flux de trésorerie disponibles (discounted cash flows) mesure la valeur d'une entreprise par sa capacité à générer des liquidités futures. On projette les flux sur un horizon explicite (généralement cinq à dix ans), on y ajoute une valeur terminale, et on actualise l'ensemble à un taux qui reflète le risque (coût moyen pondéré du capital). La méthode est puissante mais sensible : la valeur dépend étroitement de quelques hypothèses — taux de croissance, marge, besoin en fonds de roulement, investissements (capex), taux d'actualisation. Notre travail consiste à challenger ces hypothèses plutôt qu'à recopier un plan d'affaires : c'est là que se joue la crédibilité du résultat. Le DCF se prête bien aux sociétés de croissance et aux activités de services ; il s'applique moins naturellement aux holdings patrimoniales, mieux saisies par l'ANR.

Le taux d'actualisation : le nerf du DCF

Dans un DCF, le résultat est extrêmement sensible au taux d'actualisation. On retient le plus souvent le coût moyen pondéré du capital (WACC), qui combine le coût des fonds propres et le coût de la dette, pondérés par leur poids dans le financement. Le coût des fonds propres lui-même s'estime par le modèle d'évaluation des actifs financiers (taux sans risque + prime de risque de marché × bêta), auquel on ajoute, pour une PME non cotée, des primes spécifiques : prime de taille, prime de risque spécifique, prime d'illiquidité. Un écart d'un point sur le WACC peut déplacer la valeur de 10 à 20 % : d'où l'importance de le justifier composante par composante, et non de le poser de façon arbitraire.

La valeur terminale

Au-delà de l'horizon explicite de projection, la valeur terminalecapture la valeur de tous les flux ultérieurs. Elle se calcule généralement par la formule de Gordon-Shapiro (flux normatif divisé par l'écart entre le taux d'actualisation et le taux de croissance à l'infini) ou par un multiple de sortie. Dans beaucoup de dossiers, la valeur terminale représente plus de la moitié de la valeur totale : le choix du flux normatif et du taux de croissance perpétuelle (souvent prudent, de l'ordre de 1 à 2 %) est donc loin d'être anecdotique. Une valeur terminale construite sur une dernière année non normalisée est l'une des erreurs les plus répandues.

L'approche analogique : les comparables et multiples

Cette approche déduit la valeur de l'entreprise de celle d'autres sociétés comparables, via des multiples appliqués à un agrégat financier. Deux sources de comparables :

Types de multiples utilisés en valorisation par comparables
MultipleAgrégatUsage typique
VE / EBITDAExcédent brut d'exploitationRéférence la plus courante en M&A
VE / EBITRésultat d'exploitationSociétés à forte intensité capitalistique
VE / CAChiffre d'affairesCroissance forte, rentabilité non stabilisée
PERRésultat netValeur des capitaux propres (titres)

Les multiples observés doivent être ajustés de la taille, du profil de croissance, de la rentabilité et de la liquidité : une PME non cotée se négocie avec une décote par rapport à une comparable cotée. Nous utilisons systématiquement les comparables en recoupement du DCF et de l'ANR, jamais isolément.

Valoriser un fonds de commerce

La valorisation du fonds de commerce obéit à une logique distincte de celle des titres de société : elle porte sur l'outil d'exploitation lui-même — clientèle et achalandage, droit au bail, nom commercial et enseigne, matériel et agencements, contrats et licences — indépendamment de la structure juridique qui le détient. Deux approches se combinent en pratique :

  • les barèmes professionnels, qui expriment la valeur en pourcentage du chiffre d'affaires annuel selon l'activité (un coefficient propre à la boulangerie, à la restauration, à la pharmacie, etc.) ;
  • un multiple de l'excédent brut d'exploitation retraité, qui relie la valeur à la rentabilité réelle de l'exploitation.

Le droit au bail et le matériel pèsent souvent lourd dans la valeur : là encore, un relevé physique du matériel et une évaluation indépendante évitent les sur- ou sous-estimations qui faussent la négociation.

Normaliser le résultat avant de valoriser

Aucune méthode de rentabilité n'a de sens sur un résultat brut non retraité. Avant d'appliquer un multiple ou de projeter des flux, on normalise les agrégats pour isoler la performance récurrente de l'exploitation. Les retraitements les plus fréquents :

  • rémunération du dirigeant ramenée à un niveau de marché, lorsqu'elle est sur- ou sous-évaluée par rapport à un salaire de remplacement ;
  • éléments non récurrents — produits et charges exceptionnels, litiges ponctuels, indemnités — neutralisés ;
  • opérations avec les parties liées (loyers, prestations intragroupe) réexprimées à des conditions normales ;
  • charges et produits hors exploitation retirés de l'EBE retenu pour les multiples ;
  • retraitement du crédit-bail et des engagements hors bilan, pour comparer des entreprises sur une base homogène.

Cette normalisation est aussi déterminante que le choix de la méthode : un même multiple de 6,5× appliqué à un EBE retraité ou non retraité produit des écarts de valeur de plusieurs dizaines de pourcents. C'est l'une des raisons pour lesquelles une valorisation sérieuse explicite toujours ses retraitements.

De la valeur d'entreprise à la valeur des titres

Le DCF et les multiples de VE (valeur d'entreprise) donnent la valeur de l'outil d'exploitation, indépendamment de son financement. Pour obtenir la valeur des titres — ce que l'acquéreur paie réellement aux associés — on applique un « pont » (bridge) qui retranche la dette financière nette et ajuste du besoin en fonds de roulement :

Valeur des titres (equity value) = Valeur d'entreprise − Dette financière nette (emprunts − trésorerie) ± ajustement de BFR par rapport à un niveau normatif

Ce passage est une source classique de malentendus dans les négociations : deux parties peuvent s'accorder sur une valeur d'entreprise et diverger fortement sur le prix des titres, faute d'un accord sur la dette nette et le BFR normatif. C'est pourquoi le mécanisme de prix (locked box ou ajustement de prix à la date de réalisation) se négocie en même temps que la valeur.

Primes et décotes : ajuster la valeur au contexte

La valeur d'une participation dépend aussi de sa nature et de sa liquidité. Plusieurs correctifs s'appliquent selon le contexte :

Primes et décotes appliquées en valorisation
CorrectifQuand l'appliquerSens
Prime de contrôleCession d'un bloc majoritaire+ (hausse)
Décote de minoritéParticipation minoritaire sans pouvoir de décision− (baisse)
Décote d'illiquiditéTitres non cotés, difficiles à céder− (baisse)
Décote de holdingSociété de portefeuille (frais, fiscalité latente)− (baisse)
Décote de dépendanceForte dépendance à l'homme-clé ou à un client− (baisse)

Ces correctifs ne sont pas des coefficients mécaniques : ils se justifient au cas par cas et se documentent. Une décote d'illiquidité non argumentée est aussi contestable qu'une absence de décote là où elle s'impose.

La méthode du goodwill (rente de survaleur)

À mi-chemin entre l'approche patrimoniale et l'approche par la rentabilité, la méthode du goodwill (ou de la survaleur) reconnaît qu'une entreprise rentable vaut davantage que son seul actif net réévalué : l'écart correspond à unsuperprofit, fruit d'éléments incorporels non comptabilisés (clientèle, savoir-faire, réputation, organisation). On l'estime en capitalisant la rente que dégage l'entreprise au-delà de la rémunération normale de ses capitaux investis :

Valeur = Actif net réévalué + Goodwill, où Goodwill = capitalisation du superprofit (résultat normatif − rémunération attendue de l'ANR)

Cette méthode relie directement la qualité de l'ANR — donc de l'évaluation des actifs — au montant du goodwill : un ANR mal établi fausse mécaniquement la survaleur calculée. Elle illustre, une fois de plus, pourquoi l'inventaire et l'évaluation physique des actifs ne sont pas un détail technique mais le socle de la valeur.

La due diligence d'actifs

Avant une cession, une acquisition ou une levée, la due diligence vérifie la réalité et la valeur de ce qui est vendu. Sur le volet des actifs — celui que CPCON documente — elle couvre :

  • Vérification de l'existence physique des actifs portés au bilan (inventaire des immobilisations)
  • Détection des actifs fantômes : lignes comptables sans bien réel en face
  • Réévaluation des équipements et installations à leur valeur de marché ou d'usage
  • Contrôle des stocks : quantités, état, obsolescence, démarque
  • Appréciation des incorporels (marques, brevets, clientèle, droit au bail)
  • Identification des passifs latents et engagements hors bilan

Côté acheteur, cette due diligence sécurise le prix et révèle les écarts avant signature. Côté vendeur, une vendor due diligence prépare l'opération, crédibilise la valeur demandée et réduit les renégociations de dernière minute. Dans les deux cas, l'audit de stocks et l'inventaire des immobilisations constituent le socle factuel.

Exemple chiffré : DCF, ANR et comparables sur une même cible

Soit une PME industrielle dont on prépare la cession. Trois méthodes donnent trois éclairages — qu'une évaluation sérieuse ne moyenne pas aveuglément, mais confronte :

Exemple de fourchette de valorisation par méthode
MéthodeBase de calculValeur indicative
DCFFlux actualisés, WACC 11 %, croissance terminale 1,5 %9,5 M€
ComparablesVE / EBITDA 6,5× appliqué à 1,5 M€ d'EBITDA9,8 M€
ANRCapitaux propres réévalués (immobilier + équipements + stocks)8,2 M€ (plancher)
Fourchette retenueConvergence DCF / comparables, ANR en plancher9,0 – 9,8 M€

La convergence du DCF et des comparables autour de 9,5–9,8 M€, soutenue par un ANR de 8,2 M€ servant de plancher, fonde une fourchette défendable. Surtout, l'ANR n'a de valeur de plancher que parce que les actifs ont été réellement inventoriés et réévalués : sans ce travail de terrain, le chiffre de 8,2 M€ ne serait qu'une reprise de valeurs comptables, ni opposable ni rassurante pour l'acquéreur.

On retiendra de cet exemple une règle simple : une valorisation crédible ne se résume jamais à un chiffre, mais à une fourchette argumentée où chaque méthode est comprise, recoupée et reliée aux autres. Le rôle de l'évaluateur est d'expliquer pourquoi les méthodes convergent ou divergent — et, lorsque la valeur patrimoniale entre en jeu, de pouvoir affirmer que les actifs qui la fondent ont été vus, comptés et évalués, et non simplement repris d'un bilan.

Valeur et prix : deux notions à ne pas confondre

Une valorisation produit une valeur : une estimation argumentée, indépendante, issue de méthodes. Le prix, lui, est ce qui se conclut réellement entre un acheteur et un vendeur donnés, à un moment donné. Les deux peuvent diverger sensiblement, parce que le prix intègre des éléments que la valeur « théorique » ne capture pas :

  • le rapport de force de la négociation et le nombre d'acquéreurs en concurrence ;
  • les synergies propres à un acquéreur stratégique ;
  • l'urgence du vendeur (transmission, départ, difficulté) ;
  • les modalités : paiement comptant ou échelonné, complément de prix (earn-out), garanties.

Le rôle de l'évaluateur n'est pas de prédire le prix, mais de fournir une valeur solide qui ancre la négociation et permet à chaque partie de défendre sa position. Une valeur documentée jusqu'aux actifs est, à cet égard, un argument difficilement contestable.

La valorisation selon la finalité de l'opération

La méthode prépondérante et le niveau de valeur retenu ne sont jamais neutres : ils dépendent de la finalité de la mission. Une même entreprise n'est pas « valorisée de la même façon » pour une cession à un industriel, une transmission familiale ou un tour de table.

Cession et acquisition (M&A)

L'objectif est une fourchette de négociation robuste. On croise DCF et comparables, on intègre les synergies pour un acquéreur stratégique, et on documente l'ANR comme plancher. La due diligence d'actifs sécurise le prix et alimente les garanties d'actif et de passif.

Transmission familiale et pacte Dutreil

Dans une transmission, la valeur sert d'assiette aux droits de mutation : elle doit être défendable face à l'administration fiscale. Le pacte Dutreil permet, sous conditions d'engagement de conservation des titres, un abattement de 75 % sur la valeur transmise ; mais l'abattement s'applique à une valeur qui doit elle-même être justifiée. Une évaluation patrimoniale documentée — actifs réellement inventoriés et réévalués — est ici un atout décisif en cas de contrôle.

Levée de fonds et entrée d'investisseurs

La valorisation fixe le prix d'entrée des nouveaux actionnaires (valorisation pre-money et post-money) et donc la dilution des fondateurs. L'accent porte sur le DCF et les comparables sectoriels ; l'ANR joue un rôle de garde-fou, notamment pour les sociétés à forte composante d'actifs.

Reporting financier : PPA et tests de dépréciation

Après une acquisition, l'allocation du prix d'acquisition (purchase price allocation, PPA) répartit le prix payé entre les actifs et passifs identifiables à leur juste valeur, le solde formant le goodwill comptable. Par la suite, ce goodwill et les actifs font l'objet de tests de dépréciation récurrents. Ces deux exercices reposent sur des évaluations d'actifs fiables : c'est le prolongement naturel de notre métier d'évaluation des actifs, relié à la logique d'amortissement et de dépréciation du PCG.

Autres méthodes utiles : capitalisation et méthode des praticiens

À côté du trio DCF / comparables / ANR, deux méthodes complètent souvent l'analyse, notamment pour les PME :

  • la capitalisation du résultat : on capitalise un résultat normatif (résultat net, ou résultat d'exploitation après impôt) par un taux reflétant le risque. C'est une version simplifiée de l'approche par la rentabilité, adaptée aux entreprises matures à résultat stable, sans plan d'affaires détaillé ;
  • la méthode des praticiens (ou méthode allemande) : elle retient la moyenne entre la valeur patrimoniale (ANR) et la valeur de rendement, donnant ainsi un poids équilibré au patrimoine et à la rentabilité. Très utilisée pour les PME industrielles et patrimoniales.

Aucune de ces méthodes n'est « la bonne » dans l'absolu : elles s'éclairent mutuellement. Le rôle de l'évaluateur est de choisir le faisceau pertinent pour l'entreprise et l'opération, d'en expliquer les divergences, et d'en tirer une fourchette argumentée plutôt qu'un chiffre unique faussement précis.

Quelle méthode pour quel profil d'entreprise ?

Méthode de valorisation prépondérante selon le profil d'entreprise
ProfilMéthode prépondéranteRôle de l'évaluation d'actifs
Industrie / forte intensité capitalistiqueANR et méthode des praticiensDéterminant (équipements, immobilier)
Croissance / technologieDCF et comparables (VE/CA)Secondaire
Holding / foncièreANR (décote de holding)Central (immobilier, participations)
Commerce / fonds de commerceBarèmes + multiple d'EBEImportant (matériel, droit au bail)
Services / conseilDCF et capitalisation du résultatFaible

Cette grille n'est qu'une boussole : chaque dossier mérite un faisceau spécifique. Mais elle montre une constante : plus l'entreprise est patrimoniale, plus la qualité de l'évaluation de ses actifs pèse sur la valeur — et c'est précisément le terrain de CPCON.

Cinq erreurs fréquentes qui faussent une valorisation

  • Confondre valeur d'entreprise et valeur des titres : oublier de déduire la dette nette et d'ajuster le BFR ;
  • Appliquer un multiple à un résultat non normalisé : rémunération du dirigeant, éléments exceptionnels et opérations intragroupe non retraités ;
  • S'en remettre aux valeurs comptables pour l'ANR, sans inventaire ni réévaluation des actifs — la porte ouverte aux actifs fantômes et aux plus-values latentes ignorées ;
  • Surpondérer la valeur terminale du DCF en la fondant sur une dernière année atypique ;
  • Négliger les décotes de minorité et d'illiquidité pour une PME non cotée, ou les appliquer sans les justifier.

Trois de ces cinq erreurs touchent directement les actifs et leur évaluation. C'est dire si une valorisation crédible ne peut faire l'impasse sur la réalité du patrimoine.

Le déroulement d'une mission de valorisation

Une mission se conduit en étapes claires, dans la confidentialité :

  1. Cadrage : compréhension de l'opération, du périmètre et des enjeux ; définition des méthodes pertinentes et du calendrier ;
  2. Collecte et analyse : états financiers, plan d'affaires, contrats, fichier des immobilisations et des stocks ; retraitements de normalisation ;
  3. Travaux de terrain (si nécessaire) : inventaire et évaluation des actifs sur site, pour fonder un ANR opposable ;
  4. Modélisation : DCF, comparables, ANR et, le cas échéant, méthode des praticiens ou du goodwill ; analyse de sensibilité ;
  5. Restitution : rapport de valorisation détaillant les méthodes, les hypothèses, les fourchettes et la justification des écarts ; présentation orale et échanges.

Le livrable n'est pas un chiffre isolé mais un rapport argumenté : c'est lui qui donne à la valeur sa force probante face à un acheteur, à l'administration fiscale ou à un juge. Le calendrier s'étend généralement de deux à six semaines selon la taille de l'entreprise, la disponibilité de l'information et la nécessité d'expertises d'actifs sur site ; un rapport intermédiaire peut être produit plus tôt pour les besoins d'une négociation en cours.

Le cas particulier des synergies en M&A

Pour un acquéreur stratégique, la valeur d'une cible ne se limite pas à sa valeur « intrinsèque » : elle intègre les synergies attendues — économies de coûts, gains de chiffre d'affaires croisés, mutualisation d'actifs. On distingue alors la valeur stand alone (l'entreprise seule) de la valeur pour l'acquéreur (incluant les synergies). Le partage de ces synergies est au cœur de la négociation : le vendeur cherche à en capter une part, l'acheteur à n'en payer qu'une fraction. Une bonne valorisation distingue clairement ces deux niveaux et chiffre les synergies de façon prudente — une survalorisation des synergies est une cause classique de destruction de valeur post-acquisition. Là encore, la connaissance des actifs réels (équipements mutualisables, immobilier, stocks) ancre l'estimation des synergies industrielles dans le concret plutôt que dans l'optimisme.

Le différentiel CPCON

La plupart des cabinets de valorisation travaillent sur pièces : ils modélisent des flux et appliquent des multiples, mais s'en remettent aux valeurs comptables pour les actifs. CPCON ajoute la dimension que les autres ne couvrent pas : la capacité à inventorier et à évaluer physiquement les immobilisations, les stocks et une part des incorporels qui fondent l'approche patrimoniale. Plus de trente ans d'expérience et plusieurs milliers de missions d'inventaire et d'évaluation d'actifs nourrissent des valorisations documentées jusqu'au terrain — celles qui résistent à la contradiction de l'acheteur, de l'administration ou du juge.

Cette capacité prend tout son sens pour les groupes internationaux. Une cible ou un vendeur opérant dans plusieurs pays présente des actifs soumis à des référentiels comptables différents — PCG en France, IFRS en consolidation, normes locales ailleurs. Nos équipes interviennent sur plusieurs juridictions et savent réconcilier ces cadres pour bâtir un actif net réévalué homogène, site par site. La valorisation cesse alors d'être un exercice de bureau : elle s'appuie sur des constats physiques harmonisés, condition d'une valeur réellement comparable d'un pays à l'autre.

Au fond, une valorisation n'a de valeur que par sa capacité à résister à la contradiction. Croiser les méthodes, normaliser les agrégats, justifier le taux d'actualisation et les décotes, distinguer valeur et prix : tout cela est nécessaire. Mais le socle reste la réalité des actifs. C'est ce socle que CPCON sécurise — et c'est ce qui distingue une valeur opposable d'une simple opinion.

Questions fréquentes

Combien vaut mon entreprise ?

Il n'existe pas une valeur unique mais une fourchette, qui dépend de la rentabilité normalisée, du patrimoine, de la dépendance au dirigeant, du secteur et du contexte de l'opération. Une évaluation sérieuse croise toujours plusieurs méthodes (flux, multiples, patrimoniale) et explique les écarts entre elles.

Quelles sont les grandes familles de méthodes de valorisation ?

Trois familles : l'approche patrimoniale (actif net réévalué, ou ANR), qui réévalue chaque poste du bilan à sa valeur réelle ; l'approche par la rentabilité (DCF, et capitalisation des résultats), qui actualise les flux futurs ; et l'approche analogique par les comparables (multiples de sociétés cotées ou de transactions). Chacune éclaire un aspect différent ; on les croise et on justifie les divergences.

Quel est le rôle de l'évaluation des actifs dans l'actif net réévalué ?

L'ANR part des capitaux propres comptables, puis réévalue chaque actif et passif à sa valeur réelle. La fiabilité de l'ANR dépend donc entièrement de la qualité de l'évaluation des actifs : immobilier, équipements, stocks, incorporels. Un actif fantôme surévalue l'ANR ; un bien sous-évalué au bilan le minore. C'est précisément le terrain de CPCON : inventorier et évaluer physiquement ce que d'autres estiment sur dossier.

Quelle différence entre valorisation d'entreprise et évaluation de fonds de commerce ?

La valorisation d'entreprise porte sur les titres de la société (actions, parts sociales), dettes comprises. L'évaluation du fonds de commerce porte sur l'outil d'exploitation — clientèle, droit au bail, enseigne, matériel — indépendamment de la structure juridique. Les méthodes et les barèmes diffèrent sensiblement ; pour les fonds, on combine souvent un pourcentage du chiffre d'affaires (barèmes professionnels) et un multiple de l'excédent brut d'exploitation.

En quoi consiste la due diligence d'actifs dans une opération ?

C'est l'audit de la réalité et de la valeur des actifs avant une cession ou une levée. Elle vérifie l'existence physique des biens, détecte les actifs fantômes, réévalue les équipements, contrôle les stocks et apprécie les incorporels. Côté acheteur, elle sécurise le prix ; côté vendeur, une vendor due diligence prépare l'opération et réduit les renégociations de dernière minute.

Combien de temps prend une mission de valorisation ?

De deux à six semaines selon la taille de l'entreprise, la qualité de l'information disponible et la nécessité éventuelle d'expertises d'actifs sur site. Un rapport intermédiaire peut être produit plus rapidement pour les besoins de négociation.

La valorisation comptable est-elle la même que la valeur de marché ?

Non. La valeur comptable (valeur nette au bilan) résulte de règles d'amortissement et du coût historique ; elle peut s'écarter fortement de la valeur de marché, à la hausse comme à la baisse. La valorisation vise une valeur économique défendable, qui réintègre les plus ou moins-values latentes sur les actifs — d'où l'importance d'une évaluation indépendante des immobilisations.

Pourquoi confier la valorisation à CPCON plutôt qu'à un cabinet purement financier ?

Parce que la valeur d'une entreprise industrielle ou patrimoniale repose largement sur ses actifs réels. CPCON combine l'expertise financière (DCF, multiples) avec une capacité unique : inventorier et évaluer physiquement les immobilisations qui fondent l'approche patrimoniale. La valeur que nous opinons est documentée jusqu'au terrain.

Une valorisation qui résiste à la contradiction

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